Zones vulnérables : un nouveau coup de massue sur l'élevage

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La nouvelle d’une augmentation du nombre de communes en ZV ne passera pas sur le terrain prévient la FDSEA qui se prépare à une rentrée très chaude.

Publié le 01 août 2014:

On croyait en avoir fini avec la directive nitrates. C’était sans compter sur la ministre de l’Environnement. Ségolène Royal a annoncé le classement de 3 900 communes supplémentaires en zones vulnérables. Le département des Ardennes est concerné.

 

Zones vulnérables : un nouveau coup de massue sur l’élevage

 

Guère plus d’un an et demi après la dernière extension de la zone vulnérable décidée en décembre 2012, le gouvernement français, sous la pression de la Commission de Bruxelles, en remet une couche. Et quelle couche ! Pas moins de 3 900 communes supplémentaires et 63 000 exploitations. Excusez du peu ! La FDSEA des Ardennes est affligée par l’entêtement des pouvoirs publics français et européens à toujours exiger plus des agriculteurs en matière environnementale.

 

Tout ça pour ça !

En 2012, après des mois et des mois de discussions difficiles avec l’administration, la FDSEA était finalement parvenue, en s’appuyant sur les expertises techniques de la Chambre d’Agriculture, à limiter la casse. Avec le plan de Ségolène Royal, présenté devant le Conseil des ministres le mercredi 23 juillet et dévoilé aux organisations professionnelles agricoles le 24, tous les efforts déployés par la profession pour faire respecter le bon sens donnent l’illusion d’avoir été inutiles !

Alors, c’est peu dire que le syndicalisme départemental est en colère.

La FDSEA a l’impression amère d’avoir été trompée, pire trahie ! C’est la crédibilité des Pouvoirs publics qui, jour après jour, s’étiole et est remise en cause. Peut-on faire encore confiance à un pouvoir politique et à des administrations qui, au gré de leurs humeurs, des pressions exercées par tel ou tel lobby, des demandes infondées de l’Europe, se résignent à sacrifier son agriculture en reniant les engagements pris la veille ?

 

Le double langage des pouvoirs publics

Pour la FDSEA, la coupe est pleine ! Faut-il continuer à dialoguer, puisque son avis, quand on le lui demande encore, n’est ni écouté, ni entendu ? Les Etats, dont la France, ont beau jeu de se retrancher derrière la Commission européenne pour dénoncer les excès des règlementations communautaires et leur application tatillonne. Faut-il rappeler que ce sont eux, les Etats membres et les Politiques, qui adoptent les règlements européens. Alors, il n’est honnête, quand le tonnerre gronde, de reprocher à la Commission de Bruxelles d’appliquer des textes qu’eux-mêmes ont fait voter !

 

La FDSEA dénonce le double langage de la France. En permanence, les éleveurs entendent les bonnes paroles du gouvernement et des responsables politiques de toutes tendances qui promettent de venir au secours d’un élevage en perdition dans l’hexagone. Mais les actes contredisent les paroles. Et ce projet d’extension de la zone vulnérable le démontre de manière spectaculaire : il va concerner principalement des exploitations d’élevage et des exploitations modestes qui ne pourront pas faire face aux investissements rendus nécessaires par le durcissement de la réglementation nitrates. Alors, n’est-ce pas là tout simplement un nouveau plan social de l’élevage français ?

 

Des arguments infondés scientifiquement

Le projet préparé dans la plus grande discrétion par le ministère de l’Environnement, avec la complicité des DREAL dans les régions, s’appuie sur un double critère : 40 mg/l de concentration de nitrates pour protéger les eaux souterraines et 18mg/l pour protéger les eaux superficielles contre l’eutrophisation. Or, à l’examen, c’est ce second critère qui justifierait l’extension de la zone vulnérable dans les Ardennes. Un argument que la FDSEA conteste et qu’elle juge inacceptable et indéfendable. Toutes les organisations professionnelles agricoles sont d’ailleurs unanimes sur ce point : le seuil de 18 mg/l n’a aucun fondement scientifique, ni juridique. L’extension de la zone vulnérable dans les Ardennes n’aura aucune influence sur l’amélioration de la qualité des eaux. Sa seule justification est d’éviter à l’Etat français d’être probablement condamné à payer une lourde amende !

Avec ce projet d’extension préparé à partir de l’avis de la DREAL Champagne Ardenne, les relations de la FDSEA des Ardennes avec cette administration régionale, déjà mises à mal par le dossier des compensations écologiques de l’A304, ne sont pas prêtes de s’améliorer !

Comme souvent pour les mauvaises nouvelles, celle-ci arrive en plein cœur de l’été, au moment des moissons. Le calendrier des prochaines semaines est déjà arrêté et les futures échéances promettent d’être menées au pas de charge. Les consultations départementales vont être lancées dés septembre ! Même si elle ne fait pas partie des instances officiellement consultées, la FDSEA entend bien faire entendre sa voix et celle des agriculteurs ardennais. Elle s’opposera par tous les moyens à ce nouveau coup de massue des pouvoirs publics. Il n’est pas certain que les quelques promesses de Ségolène Royal distillées à destination des éleveurs soient de nature à empêcher l’embrasement des campagnes.

 

P CLAUSSE

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