Le conseil d'administration manifeste son exaspération

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Publié le 01 septembre 2014 :

 

FDSEA : « Laissez-nous travailler ! »

 

«Il va falloir faire quelque chose et montrer qu’on accepte pas ! » « A un moment, il faut dire non ! »

 « Il faut trouver des moyens de pression sur les pouvoirs publics ! »

« Si on ne fait rien, on n’aura rien ! »

Ces quelques propos entendus lors du tour de table des présidents des syndicats cantonaux de la FDSEA révèlent l’étendue du ras-le-bol des agriculteurs sur le terrain. L’accumulation de normes et de contraintes qui entravent l’activité agricole est la cause de cet échauffement des esprits. Et dans ce contexte, l’annonce d’une nouvelle extension des zones vulnérables et le cortège de règlements anti économiques qui va avec, forment la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Mais le malaise est plus profond. Il y a aussi l’autisme des pouvoirs publics, les décisions qui sont prises sans concertation avec la profession, la mise à l’écart du syndicalisme dans les discussions. Et on peut encore ajouter les relations avec la grande distribution qui tire les prix agricoles vers le bas. D’ailleurs, au moment même de la tenue du conseil, plusieurs Ardennais étaient en région parisienne, à Vitry sur Seine, pour participer à une action syndicale de la Fédération Nationale Bovine, ciblée sur un magasin Leclerc, comme le rappelait Dominique Philippoteaux, responsable de la commission viande.

 

Des normes devenues insupportables

Les compensations écologiques sont l’exemple même d’une incompréhension grandissante entre la profession et les pouvoirs publics. « Notre difficulté, c’est que la profession agricole n’est pas l’interlocuteur prioritaire de l’administration. Il y a une disproportion entre la représentation des agriculteurs et celle des associations environnementalistes », accuse Thierry Huet. « Malgré tout, nous avons obtenu des avancées parce que nous avions des arguments construits face à des jusqu’auboutistes », enchaîne le Président de la FDSEA. « La force de la profession est de parler d’une seule voix », renchérit Sébastien Loriette. Mais est-ce suffisant pour contrecarrer un rapport de force devenu aussi inégal ? En charge du dossier à la FDSEA, le Secrétaire général, Jérôme Cousin a fait le point des propositions de la DREAL, annonçant que les discussions sur le calcul des indemnités aux agriculteurs n’étaient toujours pas bouclées.

Les avancées écologiques sont sournoises. « La délimitation de réservoirs et de corridors pour le maintien de la biodiversité des espèces animales en est l’illustration », commente Catherine Charlier, qui suit le dossier Trame bleue, trame verte. Des discussions se déroulent au niveau régional. « Le dossier avance gentiment à Châlons sans trop se soucier d’informer le terrain », alerte la vice-présidente de la Fédération. Le réveil pourrait être désagréable, prévient-elle. «Pour l’instant, officiellement, il n’y a pas de contraintes, mais après … ? Il faut alerter nos délégués pour qu’ils regardent ce qu’il se passe dans leurs communes. »

Le projet d’extension des zones vulnérables a fini d’excéder des agriculteurs déjà échaudés. « On est en train de préparer un véritable plan social pour l’agriculture », alerte Jérôme Cousin. Son sentiment est unanimement partagé par les administrateurs. Les contrôles et les lettres de la DDT sur les anomalies du RPG ne favorisent pas non plus le retour à une certaine sérénité dans le monde agricole.

 

Quelles sont les armes de la profession ?

Devant cette avalanche de contraintes nouvelles, de quelles armes dispose le syndicalisme pour se faire entendre ? « Refusons de faire du folklore quand on nous empêche de produire », lance Thierry Bosserelle, responsable de la section des maraîchers ardennais. Il a déjà compris les conséquences de l’extension de la zone vulnérable pour son exploitation et pour les emplois qu’elle génère. La menace est claire : faut-il continuer à se prêter au jeu des manifestations grand public montrant le « bon côté » de l’agriculture et dans lesquelles les agriculteurs s’évertuent à démontrer leur savoir-faire, à expliquer leur métier, à dialoguer avec les consommateurs… ? Le sentiment de consacrer du temps et de l’énergie pour, au final, se faire manipuler devient grandissant. Alors, faut-il boycotter les journées de

l’élevage, vitrine de l’agriculture et de l’élevage ardennais, pour montrer la colère des paysans ? Le Conseil n’a pas voulu aller jusque-là, mais a décidé de profiter de l’événement pour envoyer des messages forts.

C’est en fait toute sa stratégie syndicale que la FDSEA veut redéfinir. Puisqu’on refuse de l’écouter et qu’elle est écartée des négociations, la FDSEA en prend acte et se prépare donc à adapter sa stratégie. C’est tout l’enjeu du projet syndical dont la réflexion a été engagée par la nouvelle équipe dirigeante depuis son élection en février dernier. Les grandes lignes en ont été présentées aux administrateurs et seront finalisées lors de la prochaine assemblée générale de la FDSEA en décembre. Le temps des discussions est passée, la FDSEA entre dans le temps de l’action.

P. CLAUSSE 

 

Extension de la zone vulnérable

Attention, danger !

 

Annoncé par Ségolène Royal le 23 juillet dernier, le projet d’extension des zones vulnérables a immédiatement mobilisé la FDSEA qui a demandé, dans un premier temps, à avoir connaissance de la liste des communes concernées dans les Ardennes.

Aux 104 communes déjà classées en zone vulnérables viendraient s’ajouter 85 nouvelles communes, principalement localisées en Argonne, dans le Sedanais et dans le Nord-Ouest. Il s’agit majoritairement de régions mixtes et d’herbages dominants, donc

d’élevage.

Dans un deuxième temps, la FDSEA s’est intéressée aux éléments chiffrés de ce projet pour l’agriculture. Seraient concernés par cette extension :

• 16 % des exploitations ardennaises ;

• 17 % de la SAU départementale ;

• 24 % des surfaces en herbe ;

• 27 % de la référence laitière départementale ;

• 17 % de la référence ovins ;

• 21 % de l’effectif de vaches allaitantes et 19 % des PMTVA du département.

Les contraintes pour les élevages, si ce projet était acté, concernerait les enregistrements de pratiques (cahier de fumure), des limitations dans les dates d’épandage et surtout une adaptation des capacités de stockage des effluents d’élevage, particulièrement coûteuses et sans véritables perspectives de financement public.

La FDSEA s’oppose à toute extension, aussi minime soit-elle, au regard des conséquences économiques dramatiques qui en résulteraient pour

l’agriculture ardennaise.

 

 

 

Phyto

- Interdiction des 200 m

« Deux pas en arrière, un pas en avant », ironise Thierry Huet qui se félicite de la mobilisation du réseau syndical et de la profession pour s’opposer au projet d’interdire l’épandage des produits phytosanitaires dans un rayon de 200 mètres autour des lieux de vie, dont les habitations. Mais restons vigilants prévient-il, car la Loi d’avenir donne aux préfets la possibilité de recourir à une telle interdiction dans chaque département.

 

Tuberculose

- Rien n’est réglé

La campagne de prophylaxie sera difficile souligne Thierry Huet et de rappeler les deux sujets qui mobilisent le syndicalisme : d’abord les modalités d’indemnisation des éleveurs pour les animaux abattus, « des règles qui datent de 10 ans et qui sont dépassées » ; et le risque de réinfestation des élevages par la faune, notamment les blaireaux. Il appelle le Conseil à continuer à exprimer sa solidarité auprès des éleveurs affectés par la tuberculose.

 

 

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