La FDSEA partagée entre satisfaction et déception

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Publié le 09 septembre 2015 :

L’heure est aux comptes, après les deux grands rassemblements paysans de ces derniers jours, celui de Paris du 3 septembre, suivi du rendez-vous bruxellois, le 7.

 

Des satisfactions …

Les motifs de satisfaction pour les responsables syndicaux sont réels. Le premier, c’est bien sûr d’avoir réussi la phase de mobilisation, nationalement, mais surtout pour la FDSEA et JA08, au niveau des Ardennes. 150 participants à Paris et une centaine pour Bruxelles, à quelques jours d’intervalle, ce n’était pas assuré d’avance. En tout cas, c’est mieux que les objectifs initiaux que s’étaient fixés les deux syndicats. Le convoi de tracteurs ardennais qui s’est déplacé à Bruxelles est aussi à mettre à l’actif de cette mobilisation réussie. L’autre motif de satisfaction est à trouver dans l’accueil chaleureux de la population parisienne, malgré les désagréments occasionnés. C’est une nouvelle preuve, si besoin était, que nos concitoyens comprennent les difficultés du monde agricole et considèrent leurs revendications justes. Ce mouvement de sympathie constaté le 3 septembre à Paris, et confirmé dans tous les sondages d’opinion, légitime le mouvement paysan. Il faut capitaliser sur cette confiance.

 

… qui ne comblent pas les déceptions

Côté satisfactions, la liste s’arrêtera là. Les agriculteurs étaient venus chercher des réponses sérieuses à la crise qu’ils traversent. Ils sont repartis avec de maigres enveloppes financières qu’ils ne demandaient pas et qui ne changeront rien à leur sort. Le Gouvernement français, par la voix de son premier ministre, Manuel Valls, a bien essayé de donner le change. Mais à lire le relevé des décisions annoncées, on n’y trouve rien, ou pas grand chose, qui puisse résoudre durablement les difficultés structurelles de l’agriculture française. C’est tout le problème. On n’aurait d’ailleurs grand tort d’imaginer que la crise agricole n’est que française. Les récentes démonstrations de force des paysans dans plusieurs pays européens, Angleterre, Espagne, Allemagne et d’autres, témoignent que c’est bien l’agriculture européenne qui est en difficulté et que ce sont tous les paysans d’Europe qui sont en souffrance. La surrèglementation française ne fait que rajouter un handicap supplémentaire à une barque déjà trop chargée et qui est en passe de couler sous le poids de nos normes franco-françaises.

Une conclusion devrait donc s’imposer à tout esprit logique : ce sont bien les orientations libérales – ultra libérales ? – données à la PAC par les dirigeants européens, sous l’impulsion de la Commission, qui sont responsables de cette situation. C’est précisément cette dérive qu’ont dénoncée les milliers d’agriculteurs, toutes tendances syndicales réunies, rassemblés devant les bâtiments de la Commission européenne. La paysannerie européenne réclame une réorientation radicale de la PAC. Si la réponse de Paris n’était pas à la hauteur des demandes de la profession, que dire alors de l’attitude de la commission ! Un commissaire européen à l’agriculture qui se fait porter pâle et une enveloppe mi-sérable de 500 millions d’euros pour les éleveurs laitiers à se partager entre les 28 pays de l’Union, la réponse de la Commission ne pouvait être plus négative. Quel mépris affiché par les élites européennes pour les milliers de paysans criant leur désespoir ! Le retour de bâton risque d’être fulgurant. Les chefs de gouvernement et les parlementaires européens l’ont-ils perçu ?

 

La mobilisation doit se poursuivre

Cette déception de nombreux agriculteurs est comprise et partagée par les responsables de la FDSEA et des JA des Ardennes. Collectivement, la profession doit rester suffisamment forte pour ne pas abandonner une partie qui est difficile mais est loin d’être perdue. Les avancées qui ont déjà été obtenues sont insuffisantes et n’apportent qu’une réponse trop partielle, mais elles constituent des premiers résultats à ne pas mépriser, ni à négliger. Les enjeux des prochaines semaines seront d’avancer encore plus loin et d’obtenir des décisions pour des solutions structurelles. La route sera encore longue, les obstacles nombreux et les partenaires à convaincre multiples : pouvoirs publics français et européens, élus, administration, transformateurs, distributeurs, restauration hors domicile. Les difficultés à venir ne doivent pas être une source de démobilisation. Au contraire, il faut y puiser les raisons supplémentaires d’une mobilisation encore plus forte dans le proche avenir. Il n’y a plus rien à perdre et tout à gagner. La seule certitude aujourd’hui, c’est qu’il y aura de nouveau des actions syndicales demain.

P. Clausse

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