Manifestation du 12 avril 2013

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Publié le 16 avril 2013 :

Vendredi 12 avril, 10h30, un décors inhabituel a été installé devant la Préfecture, à Charleville-Mézières. Plantées sur un monticule de terre, quinze croix blanches se dressent face aux grilles du bâtiment. Sur chacune, on peut lire une épitaphe en forme de doléances aux Pouvoirs publics.

C’est le moyen symbolique choisi par les agriculteurs et les éleveurs de la Fdsea et de JA 08 pour exprimer la situation difficile du monde de l’élevage, à l’instar de leurs collègues de 80 autres départements qui manifestaient un peu partout en France au même moment. Il y a bien sûr la question des prix insuffisants qui ne répercutent pas les hausses de charges. Mais la grogne des agriculteurs, toutes productions confondues, va bien au-delà. Ils dénoncent aussi la sur administration de la profession. Pointés du doigt, l’Europe, mais également la France, trop encline, selon les agriculteurs, à vouloir toujours être le bon élève de la classe européenne.

 

Nous croyons dans notre métier

En accueillant les agriculteurs sur la place de la préfecture, à Charleville-Mézières, le Président de la Fdsea qui appelait à la manifestation avec son homologue des jeunes agriculteurs, plantait le décor. «L’agriculture est essentielle, mais elle ne peut plus exister sous le joug des fonctionnaires et des contrôleurs. » Le rassemblement du jour est la première étape d’une mobilisation dans le temps et qui trouvera son point d’orgue le 23 juin prochain à Paris « pour finaliser l’action » précise Philippe Baudet. « Aujourd’hui, nous avons voulu symboliser toutes les contraintes administratives par des croix ». Serait-ce donc que les agriculteurs sombrent dans le pessimisme ? Le Président de la Fdsea combat cette idée : « Nous croyons à notre métier. Il est utile à notre pays». Avant d’évoquer les trois dossiers TéléPAC. « C’est inadmissible. Nous allons donner des petites croix à la DDT pour que l’administration les mette si des agriculteurs oublient de cocher une case !».

A son tour, Frédéric Louis, le président des Jeunes agriculteurs ardennais, s’adressait aux 250 agriculteurs ; sur la question des mises aux normes et de la directive nitrates, « on a déjà beaucoup fait » ; et fustigeant la grande distribution, « maintenant, il faut y aller, il ne faut rien lâcher. »

 

Des témoignages révélateurs

Pendant qu’une délégation partait rencontrer le préfet (lire ci-contre), plusieurs agriculteurs prenaient la parole pour apporter leurs témoignages sur les tracasseries administratives et sur la conjoncture laitière. Le premier à se lancer dans l’exercice, Denis Fromentin, moutonnier, témoignait du contrôle qu’il venait de subir, dénonçant la complexité de la réglementation et les règles trop tatillonnes de l’administration française. A leur tour, Yves Trochain et Manuel Fay, s’emparaient du micro pour dresser la situation peu florissante du prix du lait. L’un comme l’autre ont déploré que les grandes enseignes de la distribution imposent leur loi aux transformateurs et aux producteurs et refusent de répercuter les hausses de charges supportées par les éleveurs. Et de réclamer une revalorisation immédiate de 30 euros la tonne, juste pour compenser la progression des charges des derniers mois. Une hausse qui serait très supportable pour le consommateur puisqu’elle n’entraînerait qu’un surcoût de 2 centimes sur le prix du lait en grande surface.

 

On attend des réponses rapides

De retour de l’entrevue d’une demie-heure avec le Préfet Pierre N’Gahane et le Directeur adjoint de la DDT, Jean-François Laigre, le président Baudet faisait un bref compte-rendu des échanges et du contenu du cahier de doléances remis au représentant de l’Etat. « Le facilitateur doit être le ministre de l’Agriculture. Il doit travailler autrement au service des agriculteurs et répondre à leurs attentes. Le Préfet s’est engagé à faire remonter nos doléances au ministère. On attend maintenant des réponses rapides du ministre. Vous pouvez compter sur nous, à la Fdsea, pour le rappeler au quotidien à notre administration départementale. »

 

S’ils n’étaient pas interpellés en tant que tels, les Parlementaires ardennais avaient néanmoins été invités, eux aussi, par la Fédération à apporter leur soutien aux agriculteurs en venant à leur rencontre, vendredi dernier. Malgré la pluie battante, aucun ne s’est dérobé. On a noté la présence, en effet, des deux sénateurs, Benoît Huré et Marc Laménie, et des trois députés, Bérengère Poletti, Jean-Luc Warsmann et Christophe Léonard. De quoi remonter un tant soit peu le moral des éleveurs.

 P. Clausse

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