Rencontre avec la conseillère agriculture de l'Elysée

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publié le 27 janvier 2017 :

Si le déplacement du Chef de l’Etat, le jeudi 19 janvier dans les Ardennes, avait pour thème l’Industrie, la profession agricole ne voulait pas perdre une opportunité de porter également la voix de l’agriculture ardennaise, en rencontrant, en marge de cette visite présidentielle, la conseillère agriculture de François Hollande.

Ainsi une délégation composée de représentants de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs ainsi que de la Chambre d’Agriculture des Ardennes, a été reçue, en Préfecture, par Marie-France Cazalère, en présence de Maryse Launois, directrice de la DDT et son directeur-adjoint, Christophe Ranson.

« Nous sommes venus porter la voix de la profession agricole, les difficultés rencontrées par les exploitants du département, sans manquer de venir avec quelques demandes », a souligné le président de la Fdsea 08, Thierry Huet, a l’initiative de cette demande d’entrevue.

Certes le président de la République arrive en fin de mandat, mais toute occasion de ramener les décideurs parisiens aux réalités bien concrètes du terrain est toujours bonne à prendre. 

 

Les prêts modulables exclus du dispositif Etat « année blanche »

Car depuis cinq ans, les résultats des exploitations ardennaises, tous systèmes confondus se dégradent. Les chiffres sont parlants. Pour 2016, on prévoit -195 euros/ha pour les systèmes polyculture, ou encore -115 euros/ha pour les systèmes lait, -18 pour la viande. Des résultats qui pour l’élevage viennent s’ajouter à des résultats bas depuis plusieurs années.

« Pourtant pas un seul dossier « année blanche » déposé dans les Ardennes, alerte le président de la FDSEA. Cela ne veut pas dire que les agriculteurs n'en n'ont pas besoin. Cela tient à une spécificité de notre département qui veut que la très grande majorité des prêts bancaires à moyen terme souscrits y sont modulables. Or les prêts modulables sont exclus du dispositif de l’Etat ».

A noter que le dispositif de la Région a pris en compte cette situation. 

Quant à la PAC et à son calendrier, entre les ATR et des soldes, personne ne s’y retrouve. Dans ce contexte, comment anticiper la gestion des exploitations. Les représentants syndicaux ont ainsi réaffirmé auprès de Marie-France Cazalère leur demande pour 2017 d’un calendrier clair des paiements, ainsi qu’un assouplissement de la réglementation au niveau français. Rappellons que la couche SNA que la France s’est imposée en 2016 a engendré des milliers d ‘anomalies, retardé l’instruction des dossiers, font-ils remarqué. 

 

Un besoin d’être défendu

Concernant la PAC, Marie-France Cazalère a mis en avant les points positifs malgré tout obtenus, avec notamment des ATR revalorisées. Mais sur ce point comme pour d’autres, la conseillère de l’Elysée n’a pas toujours semblé convaincre son auditoire, quand elle s’est employée à défendre le bilan du président de la République et de son ministre Stéphane Le Foll.

Pour le président de Jeunes Agriculteurs 08, Romain Soudant, les agriculteurs attendent des pouvoirs publics plus que des mesures d’aides mais aussi qu’ils prennent clairement leur défense face aux attaques formulées contre l’agriculture. A l’heure où se multiplient notamment les discours anti-viande, les exploitants mais aussi les futurs agriculteurs ont besoin de croire en leur métier, de se sentir soutenus. « Les coups au porte-monnaie, on peut les encaisser, mais les coups au moral, c’est beaucoup plus dur », ajoute Benoît Dave, représentant de la Chambre d’Agriculture.

 

Relocaliser la consommation

Les Ardennes possèdent une grande diversité de productions mais pas d’appellation d’origines (AOC-AOP) et seulement deux indications géographiques protégées.

« L’enjeu est de relocaliser la consommation, mais pour cela on a besoin d'outils (ndlr : légumerie pour fournir la restauration collective, fromagerie pour créer un produit typique du territoire, plateforme logistique pour favoriser le développement des circuits de proximité...), insiste Benoit Dave. Nous avons besoin de 3 millions pour investir dans ces outils collectifs, qui permettraient la création de 30 emplois directs et 30 indirects par an ».

L'occasion pour le vice-président de la Chambre d’Agriculture d'évoquer l'autoroute A 304 comme un levier qui aurait pu être intéressant.

« S’il existe aujourdhui des mesures compensatoires économiques collectives pour ce genre de travaux autoroutiers, nous n’avons pu y prétendre, les travaux ayant débuté avant leur mise en place. Par contre, l’Etat a bien su rattraper les mesures compensatoires environnementales imposées à l’agriculture, fait-il remarqué. »

Autre demande de la profession, un moratoire sur la mise aux normes des bâtiments d’élevage. « On a besoin de temps, affirme Benoît Dave. Sans ce moratoire la ferme Ardennes perdra des éleveurs, perdra de la valeur ajoutée, risque de voir s’accélérer la perte de surface en herbe, gage de la préservation des milieux ».

Combiner mises aux normes et méthanisation s’avère une piste intéressante de développement pour les exploitants.

Encore faut-il que les mesures de soutien soient adaptées aux petites unités, pour s’assurer que la méthanisation reste agricole et que la valeur ajoutée soit gardée dans les exploitations.

 

Virginie Ingebos

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