Jouer le collectif !

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Publié le 02 février 2018

« Plus de taxes, plus de charges, pour quel revenu ? Il n’existe aucune volonté politique, aucun courage au niveau du ministère de l’agriculture. Ils veulent une agriculture plus saine, plus propre et c’est légitime. Mais dans ce cas, le gouvernement n’a qu’à taxer tous les produits importés qui ne respectent pas les mêmes normes drastiques que dans l’hexagone.  Au lieu de ça, on a le droit à des discours, à des promesses, pas d’action politique. » Bruno Maryns, nouveau président du syndicat cantonal de Buzancy a donné le ton résolument combatif de cette assemblée générale.

Son homologue de Grandpré, Thierry Huet lui emboita le pas en affirmant qu’il n’était plus le temps de la complainte et de la contestation inutile. « Cette crise, il faut en sortir par le haut et apporter des réponses positives aux nombreuses problématiques. »  C’est justement lors de ces AG, qui sont des moments d’échanges privilégiés qui nous permettent de travailler ensemble, de mutualiser nos idées. C’est aussi cela, la force du syndicalisme agricole !

Cette volonté de travailler main dans la main doit se traduire dans tous les domaines, le foncier en est un bon exemple : 80 % des transactions se font entre agriculteurs, « c’est bien le monde agricole qui influe sur le prix du foncier », constate la technicienne SAFER, présente. « En France, on a encore des outils pour limiter les prix, à condition de ne pas se monter le bourrichon sur certaines terres, car vous allez vous tirer une balle dans le pied » prévient-elle.

« Oui, mais quel pouvoir a-t-on là-dessus ? » demande un exploitant. C’est psychologique, il faut faire prendre conscience que ce dossier, comme d’autre, doit être pris en compte de façon collective. « La Safer au sens large est un bon outil quand il bien utilisé », analyse le président de la FDSEA.

 

Comment faire d’une contrainte, un atout rentable ?

Les réglementations de la PAC ont sanctuarisé les haies et les ripisylves qui sont sur nos exploitations. Comment optimiser ses SNA en les valorisant de manière utile et en adéquation avec la réglementation ? C’est la question que l’experte Forestière Catherine Herbinet, était chargée de creuser. « Les agriculteurs ont de la ressource forestière sur leurs parcelles, mais ne s’y intéresse pas pour la plupart », constate l’experte. L’entretien et la gestion de ces parcelles nécessitent de l’expérience, une expertise afin d’assurer une rentabilité à long terme. Il faut agir de manière ordonnée.

Attention, l’entretien des berges est délicat, vous avez le droit d’abattre des arbres malades ou qui penche dans le cours d’eau. Mais pour toute autre action de coupe concernant la ripisylve, il est plus sage de demander conseil auprès des techniciens de l’UDASA qui sauront vous conseiller.  En tout état de cause, pour régénérer les essences de bord de rivière, regarder tout simplement ce qui pousse naturellement sur les rives afin de privilégier les espèces endémiques, choisir au moins trois espèces différentes et les implantées de 1 à 5 m du bord. Ne pas implanter de peuplier, car leurs racines traçantes ne permettent pas de tenir les berges. Installer les clôtures si besoin à au moins un mètre des berges pour éviter les embâcles et que les animaux les abiment en allant se désaltérer.

Attention pour les fermiers, regardez bien vos baux pour déterminer ce qui est d’usage pour la valorisation des coupes de bois. Sachant que l’entretien d’une haie dans les périodes prévue par la réglementation peut rapporter quelques stères : ainsi, 4.5 m de haie peut représenter de 30 à 35 m de stère de bois.  

« Il est peut être intéressant de se mettre à plusieurs afin de faire venir des camions », suggère le président de Grandpré. « Effectivement, confirme Catherine Herbinet, il faut seulement trouver une aire de stockage accessible ».

« Les peupliers, c’est encore rentable ? », demande alors un exploitant.  Oui, les nouveaux clones de peupliers sont bons à couper à 18 ans. Cela peut rapporter de 22 à 25 €/m3 pour la fabrication de palette et de 32 à 35 € pour de la papeterie. Et l’agroforesterie est-elle une solution rentable ? Nous n’avons pas assez d’année de recul pour l’affirmer.

« Dans le domaine forestier, nous avons la même problématique de prix que vous constatez pour vos terres », déplore l’experte. Cette flambée peut s’expliquer par la « valeur chasse » qui rehausse les prix artificiellement.

« Est-ce que la profession réfléchit à la problématique de la difficulté de transmission des exploitations laitières dans vos deux cantons ? », demande Stéphanie Pion, technicienne SAFER sur le secteur. Des exploitations en diversification et pourtant viable ont toutes les peines à trouver un repreneur.  Une exploitante de rétorquer « c’est la non-reconnaissance du travail qui induit cette situation. Les jeunes ne veulent plus être esclave de leur métier, surtout à des prix aussi peu rémunérateurs. » Thierry Huet craint que cette situation soit catastrophique à long terme.  La communication sur le métier d’éleveur qui est fait dans les médias par un public extérieur est négative. Alors que l’Agriculture est le premier employeur de France. Il faut que l’on travaille dessus. « D’ailleurs, la FNB recherche des éleveurs qui pourraient prendre des clichés de leur animaux afin de témoigner positivement sur l’élevage », annonce Luc Wery, représentant de la FNB, transmettez-les à la FDSEA des Ardennes qui les fera suivre. Il faut que l’on prenne en main notre propre communication.

 

L.DENIS

 

Pour toute demande d’expertise au niveau forestier, contactez la FDSEA qui vous communiquera les coordonnées de Catherine Herbinet.

l'élevage Porcin: parlons-en !!

Nos batiments d'élevage

Toutes les émissions dans la médiathèque