Quand on parle du loup…

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Publié le 5 mars 2015 :

Dernière réunion cantonale de l’année, qui se termine au milieu des loups, peut-être pour nous familiariser avec cet animal que l’on va être amené à côtoyer d’ici quelques mois.

Dernière assemblée qui apporte son lot de nuages noirs tant au niveau de la charge réglementaire qu’apporte la nouvelle PAC que sur le constat récurrent de baisse des revenus agricoles.

« Cette année, c’est l’incertitude qui règne en maître » introduit Philippe Etienne, président du syndicat cantonal de Buzancy. 

« L’anxiété de la surproduction au niveau de la production laitière, confusion et flottement à deux mois de rendre les dossiers PAC, peu ou pas d’allégement au niveau des règlements communautaires, sur-transposition française, la coupe est pleine », constate le président de canton. Comment installer des jeunes au milieu de ces incertitudes ? Comment envisager l’avenir ? Le monde agricole a toujours su s’adapter, dans une volonté de progrès. « Il ne faut pas baisser les bras, notre force, c’est le collectif. Soutenons nous, et nous avancerons ensemble ».

 

Loup et éleveur : la cohabitation est-elle possible ?

« Depuis le début de l’année, nous avons observé quatre attaques suspectes dans notre département », relève Thierry Huet, président du syndicat cantonal de Grandpré. D’ailleurs la Préfecture des Ardennes a mis en place une cellule de veille, et a demandé l’établissement d’un cahier des charges d’évaluation des contraintes induites par le loup.  La profession s’interroge donc légitimement sur sa présence ponctuelle, et s’est tournée vers Anne Fraizart, directrice du parc Argonne découverte, afin de nous faire découvrir la biologie et les habitudes de cette espèce.

Le loup gris (Canis Lupus) appartient à  l’ordre des carnivores et à la famille des canidés qui compte une quarantaine d’espèces dont le renard. Il habite tous types de milieux naturels, des montagnes européennes aux plaines boisées, jusqu’aux  zones semi-désertiques d’Arabie Saoudite. Les premiers indices du retour de cette espèce en France datent de la fin des années 1980, dans les Alpes du sud. Ce retour s’est déroulé sur plus de 20 ans. Cette reconquête s’est faite à la faveur de plusieurs facteurs, dont la déprise agricole qui a favorisé aussi bien les proies que les prédateurs. Le loup est une espèce sociale dont les populations sont structurées en meutes. En France, les meutes comportent rarement plus de huit individus, contrairement aux effectifs plus importants des meutes d’Amérique du Nord ou de Russie. Ces super-prédateurs sont taillés pour la course et les longues marches. Les jeunes quittent le groupe entre 2 et 4 ans. Ces loups en dispersion représentent de 10 à 40 % de l’effectif d’une population. Ces jeunes parcourent des espaces qu’ils ne connaissent pas et doivent chasser seul. Ce sont souvent ces individus qui attaquent les troupeaux par opportunisme.

En 2013, on dénombrait 275 loups pour 6 195 pertes de bétail. Au sein de l’Europe, c’est la France qui paye le plus lourd tribut. Cela peut s’expliquer par sa topographie, ainsi que ces nombreux massifs forestiers. « Mais également par le manque d’efficacité des moyens mises en œuvre ? » se demande un exploitant.  « En effet, l’une des solutions trouvées dans les Alpes, était d’introduire des Patous, race de chien de défense pour les troupeaux d’ovins. Mais par un manque d’information et de suivi des éleveurs intégrés dans cette démarche, cela a été un échec », consent la directrice du parc. « On peut alors se demander si le loup a encore sa place en France ? » demande un agriculteur se faisant l’écho des éleveurs français. On protège davantage l’animal que l’homme. « Les sondages qui ont été fait, sur le sujet relève que plus de 80 % de la population plébiscite un retour du loup dans l’Hexagone. Mais ils ont interrogé une population qui n’est pas impacté par les conséquences de la prédation », acquiesce Anne Fraizart. « Cependant, le tir systématique n’est pas une solution à long terme. Vous allez favoriser la dispersion des individus et de la population en générale. Il faut des moyens à long terme pour une gestion durable ». « On le voit bien, les solutions qui sont proposées aux éleveurs aujourd’hui, c’est de garder leur troupeau dans les bâtiments ou de se reconvertir ? N’y a-t-il pas d’autres alternatives ? » « On le remarque déjà depuis quelques années, la pression des écologistes est de plus en plus oppressante », remarque Jean Luc Warsmann, député des Ardennes. Ils ne représentent qu’une tranche infime de la population, mais ils prennent des décisions qui impactent l’ensemble de celle-ci, c’est un handicap de compétitivité ».

« Pour les indemnisations, il faut prouver qu’il s’agit bien d’un loup. Non seulement les spécialistes reconnus ne se bousculent pas aux portillons, mais au final, on nous affirme qu’il s’agirait plutôt de croisement de loup avec des chiens ». « En effet, la distinction visuelle entre un loup et un croisement est quasiment impossible pour les néophytes. La vérification ne peut se faire que génétiquement », conclut la spécialiste.

L. DENIS

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