AG du canton de Mouzon : se concentrer sur les dossiers locaux

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 Publié le 11 février 2015 :

Devant une assemblée fournie, Jean-Yves Jonet, président du syndicat cantonal de Mouzon, ouvre la séance en accueillant Jean-Luc Warsmann, toujours assidu aux travaux de la FDSEA.

Il profite ensuite d’une année syndicale riche en évènements pour remercier les personnes qui ont participé aux différentes actions, notamment l’opération fumier à la sous-préfecture et la mobilisation nationale du 5 novembre à Châlons.

En préambule, il indique que cette assemblée est cantonale, et que par conséquent, elle est le lieu idéal pour évoquer les dossiers locaux. Il aimerait également que soit évoquée l’installation des jeunes, et la nécessité d’avoir une vision de leur projet.

 

Surfaces d’Intérêt Ecologique ou Soucis Ingérables et Enormes

La présentation de la mise en place de la nouvelle PAC, avec ses incertitudes, ses incohérences, et les nombreux soucis qu’elle va poser aux agriculteurs soulève de nombreuses questions. Comment vont se passer les contrôles ? Est-ce que ce sera pareil partout en Europe ? Vous croyez vraiment qu’en Pologne et en Roumanie ils ont les mêmes contraintes ? s’étrangle un agriculteur hors de lui.

Pour certains d’entre eux, les participants découvrent avec effarement les circonvolutions intellectuelles qui ont permis d’arriver à un tel niveau d’aberration. Les plus aguerris reconnaissent la patte d’un lobby écologiste omniprésent.

Thierry Huet, président de la Fdsea explique alors qu’« une trop grande place est laissée aux écologistes. Ainsi, ils prennent les places laissées vacantes par une profession souvent débordée et parfois démobilisée ».

Jean-Luc Warsmann rebondit sur le sujet et évoque le douloureux souvenir du chantier A304, stoppé pour d’obscures raisons, à grands frais pour le contribuable.

« Les écolos représentent 5 % de la population et ce sont eux qui commandent », s’insurge une déléguée.

« Mais alors, on va finir par avoir des zones improductives sur lesquelles on va payer du fermage » se demande-t-on dans la salle  « Oui, et des taxes », complète Thierry Huet.

« Toutes ces lois, ces règles, la loi d’avenir, les zones vulnérables, et pour couronner le tout l’augmentation de la durée de stockage, toutes ces lois sont pondues par des imbéciles », décrète-t-on au fond de la salle.

Oui, mais c’est aussi pour cela que nous sommes là, explique Thierry Huet, je peux vous assurer que nous ne ménageons pas nos efforts. Notre action a d’ailleurs permis de rester à 4 mois de stockage et nous titillons sans cesse l’administration. Nous avons ainsi pu retarder plusieurs échéances. Nos questions permettent d’éviter parfois de sacrées aberrations, car, vous le savez, tout cela est décidé par des gens qui n’y connaissent rien complète-t-il.

« Mais alors, pourquoi on les écoute ? » demande un JA avec une délicieuse candeur.

Tous ont bien conscience d’un profond malaise, c’est un sujet de fond de société concède le député. La France n’est plus compétitive, à cause des obligations, à cause des charges, à cause des taxes à cause de cette lourdeur administrative. D’ailleurs, savez-vous qu’entre le moment ou un texte de loi est applicable et celui où il est appliqué, il se passe en moyenne 4 ans ? Durant ce laps de temps, le texte est retravaillé, au gré des diverses administrations qu’il traverse. A l’arrivée, il n’a plus grand-chose  avoir avec sa version d’origine. Le député qui en est à l’origine n’est bien souvent, plus en poste, ou ne reconnait plus son idée originelle…

 

Aurait-on soulevé un loup ?

Des veaux nouveaux nés à moitié dévorés, des mystérieuses attaques sur des troupeaux de moutons, bon nombre d’éleveurs sont persuadés de connaître le coupable. L’administration n’en démord pas, cela peut être n’importe quoi, sauf le loup…

D’accord, concède le Président, continuons à parler de suspicion, cela nous convient très bien… Il explique alors les contraintes d’une potentielle entrée dans le plan loup. Il explique les déboires des départements voisins, qui sont entrés dans ce plan, la difficulté à faire appliquer les décisions du Préfet, qui autorise des prélèvements administratifs : des associations écologistes (encore elles !) organisent des rondes pour empêcher les lieutenants de louveterie de faire leur travail.

Seul le loup est protégé par la convention de Berne, rappelle avec malice Thierry Huet. On peut aussi rencontrer le saarlos, et surtout le loup tchécoslovaque, on ne peut différencier ce dernier du loup que par test ADN…

Une rumeur persistante fait état de loups, provenant des parcs (Nocturnia, par exemple), et lâchés dans la nature. Il n’en est rien assure Thierry Huet. Une traçabilité très stricte est mise en place, bien sûr, comme dans tous les secteurs, il existe des gens qui ne font pas leur travail sérieusement…

 

La Fédé racontée aux adhérents (et à ceux qui vont le devenir)

Profitant de la présentation des services de la Fédé et du projet syndical, les responsables présents expliquent qu’un remaniement profond est en cours au sein de la FDSEA. Ils demandent aux participants quels sont leurs souhaits, leurs attentes : une carte moisson moins exhaustive, une cotisation au service emploi qui serait valable une année effective, et non une année civile, sont autant de pistes à creuser pour apporter un service vraiment adapté à la demande du terrain.

En France, environ la moitié des agriculteurs sont syndiqués, toutes tendances confondues, cela peut paraître peu, mais dans le milieu ouvrier, c’est 10 à 15 % !

Quand on défend la profession, c’est le collectif qui gagne. Mais, on gagne aussi pour ceux qui ne cotisent pas, ou qui sont ailleurs… C’est bien là l’éternel problème. D’où l’intérêt, au moment de faire son choix de ne pas se tromper et de ne pas céder à l’appel des sirènes…

 

Les dossiers locaux à la loupe

Dans le canton, deux exploitants sont en litige avec l’administration : ils ont eu l’outrecuidance de mélanger deux troupeaux… N’y voyez pas de scandale sanitaire, ce sont des animaux issus de troupeaux père-fils, par exemple.

Les rouages implacables de l’administration se sont mis en route… Alors que dans d’autres départements, cet état de fait est soumis à déclaration, il n’en est pas question chez nous. Des agents de la DDT ont toutefois conseillé de créer une estive (définition littérale du Larousse : Pâturage de montagne exploité en été)…

Le remboursement des primes 2013 a été demandé à l’un, blocage du dossier pour l’autre.

L’un des concernés se demande si certains agents ne font pas du zèle, et demande à ce qu’il soit mis « hors d’état de nuire ». Thierry Huet calme le début de tension et explique qu’il en est bien fini du temps où on avait des agents proches du terrain et des agriculteurs. Ce sont maintenant  « des bons petits soldats, avec le doigt sur la couture du pantalon ».

Quoi qu’il en soit, la FDSEA suit ce dossier avec la plus extrême attention.

Beaucoup de questions, et d’incertitudes également sur le lait : pourquoi les politiques des laiteries sont-elles si différentes ?

« Moi, explique une dame, je livre dans la Meuse. Et bien, cette année, je vais dépasser mon quota de 35 000 litres. Cela ne pose aucun souci à mon collecteur »

D’autres dans la salle s’étranglent : l’année dernière, Lactalis avait accepté un dépassement de 10%, cette année, ce sera 4%, on fait comment ? On avait anticipé…

Et l’action collective ? On fait quoi ?

Patrick Goffinet, en sa qualité de Président de cette coopérative laitière, prend toute la mesure de l’inquiétude, il étudie les différentes possibilités et évoque les difficultés que va soulever une possible action, à la veille de signer les nouveaux contrats…

 

Catherine VADEZ

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