Eleveurs et céréaliers liés dans un même destin

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mise en ligne le 19 février 2016 :

Lors des nombreuses actions de 2015, les syndicats cantonaux d’Asfeld et Château Porcien ont été solidaires de la détresse des éleveurs, rappelle Eric Bouchez, président du canton d’Asfeld. Aujourd’hui cette crise chronique touche tous les secteurs.  L’évolution des résultats en ferme céréalière est à la baisse soit en dessous de 500 € d’EBE. Alors  qu’en 2012 on atteignait les 800 €.

« Ce qui est frustrant, c’est que la récolte 2015 était bonne au niveau rendement, mais les prix, les contraintes fiscales et les charges ne nous permettent plus de garder la tête hors de l’eau »,   déplore Philippe Baudet, président du canton de Château-Porcien.

Des stocks en hausse mais une qualité en berne

En effet, souligne  Patrice Auguste, responsable relation terrain à l’AGPB, avec une production mondiale de 727 Mt, et une consommation de 719 Mt, le bilan blé est excédentaire de 8 Mt pour cette campagne 2015/2016. Les stocks représentent près de 30% de la consommation annuelle soit 3,5 mois de consommation.

Si les disponibilités sont en augmentation de 3 MT par rapport à la campagne précédente, il n’en va pas de même pour l’ensemble des débouchés. La plupart des utilisations intérieures Européennes portent sur des marchés matures, pour lesquels les marges de progression sont réduites. Dès lors, les disponibilités record en céréales mettent en évidence le poids des exportations dans

l’équilibre du bilan céréalier Européen.

Avec des disponibilités en augmentation cette année et des débouchés en baisse tant en en alimentation animale, qu’au niveau des exportations pays tiers, le stock final est attendu à un niveau identique à celui de la campagne précédente autour de 13 MT.

Sur le plan qualitatif, les résultats de la récolte française de blé tendre sont particulièrement contrastés cette année en raison d’un contexte climatique tout à fait exceptionnel. Après la sécheresse au printemps pour certains, l’humidité et la fraicheur rencontrées ensuite, pour les céréales à paille d’hiver non récoltées, ont pénalisé les principaux critères technologiques : PS, protéines, temps de chute de Hagberg.

Les exigences environnementales telles que la baisse drastique du taux d’azote, induisent un taux de protéines faible. Nos politiques n’arrivent pas à faire la corrélation entre leur mauvaise gestion des objectifs de la PAC  et  la baisse de la qualité des céréales. « En tant qu’organisme spécialisé, nous sommes là pour expliquer et communiquer davantage au niveau de nos politiques. » explique Philippe. Auguste. Tous les efforts portent aujourd’hui sur le débouché export pays tiers pour faire face au durcissement des cahiers des charges des principaux pays acheteurs de nos blés.

Les charges restent élevées et les contraintes s’accumulent

En hausse de près de 50% depuis 2007. Les charges d’intrants restent stables, mais à un niveau supérieur d’environ 50% à celui des années 2000, le taux de change ne favorisant pas la baisse du prix des engrais importés.

Les producteurs sont aujourd’hui confrontés à des enjeux de taille : comment réussir à concilier les attentes de la société et les enjeux de compétitivité de leur exploitation agricole. Depuis de nombreuses années, en particulier depuis le Grenelle de l’Environnement, la pression s’est accélérée en réfutant toute approche responsable des problématiques environnementales.

Les pouvoirs publics doivent s’appuyer sur la confiance plutôt que la contrainte. Les producteurs sont des utilisateurs responsables des intrants et prennent en compte chaque jour la dimension environnementale de leur activité.

D’où la position ferme de la profession suite aux crises de l’été et aux mobilisations de septembre quant à un moratoire, pause, halte normative.

 Il s’agit effectivement de repenser complétement le fonctionnement législatif et réglementaire en  matière agricole, pour en finir avec les réglementations incohérentes ou inapplicables, tant au niveau des nitrates, des phytosanitaires, de la gestion de l’eau ou de l’air.

Laetitia Denis

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