AG du syndicat cantonal de Carignan

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Publié le 21 janvier 2016 :

L’Agriculture, un enjeu de société…

Comme traditionnellement lors des assemblées générales des syndicats cantonaux,  un rapide tour d’horizon de l’année écoulée a été fait par le président, Pierre Pelzer. Comme bon nombre de ses collègues, il a constaté la chute des prix des productions agricoles combinée à un prix des aliments du bétail et des charges en général très élevé. La marge au producteur s’est réduite comme peau de chagrin.  Le désespoir et la colère des producteurs  étaient particulièrement représentatifs sur le canton de Carignan: un quart de l’effectif Ardennais descendu à Paris le 3 septembre venait du canton. « Ce n’est plus un problème de filière, c’est tout le monde agricole qui est en crise, 600 suicides par an en France pour 8000 installation, soit près de 10 % » rapporte un adhérent. « L’agriculture est à la croisée des chemins, on est en perte complète de repères », constate à son tour, Thierry Huet, président de la FDSEA. La part de l’alimentation dans le panier de la ménagère a fortement diminué, on espère un regain d’intérêt, que les consommateurs reviennent à la source car ce que l’on recherche tous, c’est de vivre de notre métier et que ceci s’inscrive dans la durée.  C’est aujourd’hui en période de crise qu’il faut réfléchir à notre métier, réfléchir à demain.

« Est-ce que l’on doit regarder de loin ces changements  que l’on nous présente comme inéluctables, ou serons-nous capable de dessiner nous-même le paysage agricole de demain, afin de garantir la sécurité alimentaire, de préserver les territoires et de fournir un revenu décent aux agriculteurs ? » se demande alors le président de canton.

 

Travailler sur le collectif

Ces changements se sont traduits par la nouvelle PAC, avec la refonte des aides soit disant plus avantageuses pour les éleveurs.  La réalité est toute autre,  avec, par exemple une prime à la brebis qui était annoncée au départ à 18€ et qui n’a été payée au final que 15, 25 €. Une prime vache allaitante qui change d’année de référence plus de 6 mois après la fin des déclarations PAC et dont les montants seront tronqués également.

« La parole de l’Etat ne peut plus être prise au sérieux », se désole Pierre Pelzer.

« Quelles sont les actions qui vont être mises en place pour palier la provocation de Bigard et des opérateurs qui ne répondent même plus aux demandes du ministère ? », demande un éleveur.

« Ne donner plus vos bêtes pendant un mois, et on verra, s’ils ne seront pas amenés à céder du terrain », argue un adhérent. Dans ce cas, « il faudra travailler sur le collectif, prévient Thierry Huet, l’individualisme et le repli sur soi ne sera pas une solution. Il faut que l’on se serre les coudes pour arriver à remonter la pente ».

 

Préserver les outils de transformation

Le collectif et la solidarité permettront-t-ils aussi la préservation de nos outils, tels que les abattoirs ?

Pierre Pelzer fait un état des lieux de la situation des abattoirs dans notre région. Passée de près de 70 000 bêtes abattues en 2010 à 60 000 en 2014, cette baisse accompagne un repli d’une ampleur nationale. On peut néanmoins  se réjouir du fait que 53 % des animaux abattus dans la grande région proviennent de Champagne-Ardenne. Au sein même de la Champagne-Ardenne, près d’un tiers viennent des Ardennes. Les abattoirs de la région ont principalement une vocation mixte, car ils fournissent aussi bien les bouchers, grossistes, éleveurs que les GMS.

René Duroy, directeur de l’abattoir de Charleville explique que la filière «Porc de pays » a contribué à sauvegarder son niveau d’activité. Les contrats d’approvisionnement  en RHD (Restauration Hors Domicile) auprès des structures collectives, comme celui obtenus notamment avec l’hôpital de Charleville, dont il est le fournisseur exclusif depuis plus de vingt ans, permet également de justifier pleinement la cohérence de  cet outil de proximité. La volonté politique du maire de Charleville de préserver cet outil au service du monde de l’élevage et de la filière viande lui a été clairement exprimée. Une trentaine de personnes travaillent sur le site de l’abattoir de Charleville. Mais il a constaté également que la demande en viande a tendance à diminuer.  A l’heure de la COP21, du bilan carbone, et du bien-être animal, il faut mettre en valeur et défendre nos outils de proximité afin qu’ils perdurent.

« J’adhère aux constatations qui ont été faites lors de cette assemblée, explique Denis Lourdelet, maire de Carignan, je suis là aujourd’hui pour vous montrer tout le respect que j’ai pour votre profession qui se prend de plein fouet la crise économique actuelle. ». « En effet, souligne Jean-Luc Warsmann, député des Ardennes, vous êtes représentatifs des difficultés que rencontre la majorité de la population. Il  faut redonner de la compétitivité au secteur en arrêtant cette mode française qu’est la sur transposition des directives européennes.  Il faut garder cette solidarité si spécifique du monde agricole, car c’est une force que d’autres vous envient.»

 

L. DENIS

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