Hommage à une figure locale

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Publié le 19 février 2016 :

L’atmosphère était lourde ce jeudi 4 février à Lametz, Didier Varlet, président du canton de Le Chesne a souhaité débuter la séance par une minute de silence et un vibrant hommage à Sébastien Raguet, exploitant du canton, parti trop tôt.

Un éleveur laitier a ensuite expliqué que la détresse dans les campagnes était réelle et palpable. Pour cet éleveur, le déclencheur fut l’annonce dans les médias que le revenu agricole était en hausse : «  je me suis dit, je travaille comme un con, alors ? Je me suis enfermé chez moi, je ne sortais plus. Puis j’ai vu qu’une réunion était organisé à Donchery, j’ai parlé, j’ai pleuré. Je me suis alors rendu compte de ce ras le bol, de cette détresse, que n’est plus là l’amour du métier. D’autres la ressentaient aussi, je n’étais plus seul.»

« Je tenais quand même à féliciter les syndicats pour avoir fait preuve d’esprit d’unité, j’ai vu que vous aviez parlé d’une seule voix face au Préfet mercredi. C’est de cela dont nous avons besoin aussi, d’unité et de solidarité. » En effet, précise Thierry Huet, « il est important que le monde agricole se serre les coudes, on est le seul département, jusqu’à présent, où cette démarche unitaire a lieu. Le terrain mérite cet union. C’est pourquoi,  lors de la mobilisation du 20 février, tous les syndicats et associations de défense des producteurs sont invités à se joindre à nous. Nous solliciterons également tous les acteurs du monde agricole tel que les organismes para-agricoles comme les concessionnaires, les coopératives, mais également les petits commerçants. Tous ensembles contre  la mort de nos campagnes ». « Il faut que les pouvoirs public prennent conscience qu’une exploitation fait vivre 10 ménages.» « La mort de l’agriculture sonnera également le glas de la ruralité dans son ensemble », précise un exploitant.

En ces temps de crise agricole, il aurait été utile d’alléger la charge des contrôles sur place, comme la profession l’avait demandé cet été. Malheureusement l’ASP tourne toujours dans les campagnes. « L’année passée au moment des foins, alors que j’avais 30 ha par terre, j’ai vu débarquer des contrôleurs. Ils sont restés toute l’après-midi. Oui, j’avais des veaux qui étaient nés au printemps et dont le délai de bouclage avait dépassé de 15 jours. J’ai dû rattraper tous les animaux dans la pâture où étaient les veaux et je les ai bouclés devant les contrôleurs. Mais ce n’était pas fini, ils ont trouvé trop de passeports par  rapport à mon nombre de bêtes et là on savait qu’on allait avoir une défalcation sur nos aides. Mais quand on a reçu la lettre de  notification définitive un an après, on a été surpris de constater le montant exorbitant de 7 000 €. C’est disproportionné une telle somme».

« Se lever le matin avec la peur d’un contrôle est réelle, la multiplicité des corps de contrôle et des réglementations fait que l’on n’est forcément pas bon dans quelque chose », constate Thierry Huet

« Les jeunes dans les lycées agricoles sont moins  affolés que nous, car ils vivent déjà à l’heure de l’informatisation  et des tracas de la paperasse », souligne Catherine Charlier, vice-présidente de la FDSEA.

 

Le travail :  une valeur bafouée

« Au-delà de la crise agricole, on assiste aussi à une crise identitaire. Les média colportent des inepties sur la viande ou le lait qui nous font du tort ». On nourrit les gens, mais la nourriture prend de moins en moins de place dans les préoccupations des Français. La technologie et les loisirs sont dé-sormais une priorité et manger de la qualité passe au second plan. On constate et on regrette que la valeur de notre travail soit bafouée par le consumérisme. Aujourd’hui, un tiers des exploitations ardennaises sont en difficultés, mais ce sont des chiffres de l’exercice 2015, que va donner ceux de 2016 ?...

« Quelles sont les positions de vos partenaires, tels que les banques ? » s’informe Marc Laménie, sénateur des Ardennes. « Ils nous avaient promis l’année blanche, mais quand on va voir notre caisse locale, ils sont extrêmement réticents et mettent en avant la complexité d’une telle démarche », explique une adhérente. « Si vos caisses locales se sentent incompétentes pour traiter ces dossiers, aller directement à Charleville où ils sauront vous renseigner sur les documents à fournir et vous aideront à monter votre dossier », conclut Catherine Charlier.

L.DENIS

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