« Aide-toi, et la région t’aidera »

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Publié le 3 mars 2016 :

«La crise actuelle, elle n’est pas conjoncturelle, mais malheureusement structurelle. L’agriculture n’est pas prête, elle n’a pas les armes pour affronter une économie libérale débridée. Il faut mettre en place des systèmes de régulation au niveau de l’élevage, pour réguler les volumes », commence Jean-Louis Pelzer, président du syndicat cantonal de Rumigny. « La marche blanche de samedi a été une réussite, non seulement au vu de la très bonne mobilisation, mais aussi au niveau du message unitaire de tous les syndicats et de tout le monde rural. Maintenant il va falloir transformer l’essai », argue Jérôme Cousin, président du syndicat cantonal de Rocroi. Stéphane Brosteaux, président du syndicat cantonal de Signy le Petit est quant à lui plus pessimiste. «On espère dans notre for intérieur qu’il y aura toujours de l’agriculture, mais cela ne sera plus la même que celle que l’on a connue jusqu’alors.  Cela fait plus d’un an que les difficultés s’expriment, mais le malaise dure depuis plus longtemps. Le ministre a annoncé  des enveloppes, mais elles sont insuffisantes, il en faudrait dix fois plus pour nous sortir du marasme dans lequel on s’enlise. De plus, nous ne voulons plus être des mendiants. On travaille soixante-dix heures par semaine pour vendre à perte et n’avoir aucune reconnaissance du public. Quand on entend les médias, on est la cause de tous les maux, il ne faut pas manger de viande, ni boire de lait. On est de mauvais communiquant, il faut que l’on trouve les bons moyens. En tant que responsables professionnels, on attend vos suggestions, car on est tous d’accord sur le fait qu’il faut bouger, mais il faut faire quoi ?! », demande Stéphane Brosteaux en interrogeant la salle. « Boycotter le salon de l’Agriculture serait un moyen pour marquer le coup vis-à-vis des pouvoirs public et des consommateurs », suggère un exploitant. « Oui, acquiesce Jérôme Cousin, il faut faire passer un message lors du salon, mais il ne faut pas que l’on se prive de cette rencontre avec le consommateur.»

 

Réglementation : Une pause s’impose

Le 3 septembre à Paris, le ministre Stéphane le Foll avait promis une pause réglementaire. Nous n’en n’avons pas vu la couleur, au contraire, ce sont près de 75 communes supplémentaires qui ont été rajoutées en catimini au sein de la zone vulnérable dans notre département. Les cantons de Rumigny et Rocroi en totalisant onze rien qu’à eux deux. «La simplification réglementaire n’est toujours pas au rendez-vous non plus, se désole le Président du canton de Rocroi, car sur certaines communes récemment classées, des délimitations infra communales vont rajouter à la complexité ». Dans un même village certaines parcelles seront concernées et pas d’autres. Cela va être une énième usine à gaz. Dans la même veine, on nous a rajouté les trames vertes, trames bleues, les obligations d’Ecophyto, et tant d’autre. « Ce n’est plus acceptable, tempête Benoit Huré, sénateur des Ardennes. Cet état administré et spécifique à la France. Toutes ces normes, c’est l’agriculture qui paye. Nous souhaitons que les normes Européennes, rien que les normes Européennes. On aura déjà bien à faire avec celles-là sans que l’on nous en rajoute pour être plus vert que vert, pendant que les autres pays Européen nous regardent en rigolant. Aujourd’hui, on a plus peur du contrôleur que de la grêle sur nos cultures et que la maladie sur nos animaux. On tue l’esprit d’entreprendre ».

Dans cet imbroglio permanent, est-ce que la nouvelle grande région peut nous accompagner pour dénouer ces sacs de nœuds? Peut-elle accompagner la modernisation des bâtiments d’élevage? Pascale Gaillot, Présidente de la commission agricole du Conseil Régional, est venue répondre à ces interrogations. Le PIB de la grande Région est équivalent à un pays comme le Portugal. Notre territoire est fait de richesse et de diversité. Nous sommes la première région productrice d’orge et de houblon. Il faut que l’on se rapproche les uns des autres afin de mutualiser nos richesses. Il faut que l’on structure l’offre à l’échelle de nos territoires. Car si on veut s’ouvrir à de nouveaux marchés, il faut s’assurer avant tout que l’on peut y répondre. « La région sera là afin de vous accompagner, on a un rôle de facilitateur, pour vous mettre le pied à l’étrier, pour se remettre dans une dynamique positive », martèle l’élue régionale. « Dès avril, on relancera les appels à projets pour les modernisations et investissements, la Région prendra en charge 80 % suite à l’acceptation de projet. » Espérons que la simplification administrative aura touché les formulaires, ainsi que les nombreuses pièces justificatives qu’il faut pour monter de tels dossiers.

L.DENIS

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