Assemblée Générale de la FDSEA 2013

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En présence de Christiane Lambert, vice présidente de la FNSEA

Publié le 11 décembre 2013

Les agriculteurs ne demandent qu'à produire !

Les agriculteurs disent stop ! Réforme de la Pac, matraquage fiscal, dérives réglementaires, surenchères environnementales. La colère monte. Et c’est pour dénoncer ces conditions imposées aux agriculteurs et qui mettent en péril la ruralité dans son ensemble que la FDSEA des Ardennes a mené le 3 décembre dernier une action symbolique en bâchant les panneaux d’entrée des villages ardennais.

Une action pour exprimer un ras le bol face aux difficultés croissantes de l’agriculture. Et c’est cette même exaspération qui s’est exprimée à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat,

l’après-midi à Rethel. « Les agriculteurs revendiquent leur liberté d’entreprendre et de travailler normalement ; ils revendiquent leur dignité de pouvoir vivre de leur métier », a déclaré le président de la FDSEA, Philippe Baudet.

Une agriculture française qui régresse

« L'agriculture est une véritable chance pour la France, mais elle est aujourd'hui en danger », a martèlé Christiane Lambert. La vice-présidente de la FNSEA, invitée d’honneur de l’assemblée générale de la fédération des Ardennes, n’a pas mâché ses mots. L’Agriculture française régresse, doublée par des pays comme l'Allemagne ou les Pays Bas.

« La France a bâti sa capacité de production sur un savoir faire, une richesse de sol, des instituts techniques qui ont fourni des résultats. Aujourd'hui, il est de bon ton de remettre en cause tout cela, dénonce Christiane Lambert. Certes il faut prendre en compte les attentes de la société, mais revenons aux fondamentaux. La priorité à l'échelle de la planète c'est l'alimentation. Agriculteurs, nous sommes avant tout des producteurs de denrées alimentaires. Avec une augmentation régulière de 2 % par an de la demande alimentaire, on ne peut se satisfaire de voir la production régresser en France (-1 à 1,5 %). Les secteurs où nous régressons sont les secteurs de la production animale, en raison d’un handicap de productivité de l'aval, et les productions fortement consommatrices de main-d'œuvre, comme le maraîchage, l’horticulture. Nous, nous ne demandons qu'une chose : produire. »

Directives nitrates : une déconnexion des réalités du terrain

Et les freins à cette productivité sont nombreux. « Les négociations en cours autour du cinquième programme d’actions de la directive nitrates témoignent de la déconnexion des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie des réalités de terrain », dénoncent les agriculteurs.

« Avoir le même calendrier d’épandage partout en France est une aberration totale, s’insurge la vice-présidente de la FNSEA, et c’est ce que fait la France, seul pays européen à vouloir un calendrier unique. Pourquoi ne peut-on pas adapter un calendrier d’épandage, quand dans certaines régions il gèle encore au 15 février, que dans d’autres il ne gèle plus du tout au 15 janvier. Tenir compte de la croissance végétative des  plantes, est-ce que ce n’est pas cela une application intelligente des textes ? ».

Et Philippe Baudet d’ajouter : les excès de la réglementation nous obligent constamment à demander des systèmes dérogatoires pour simplement exercer notre métier. 

Les lourdeurs administratives sont à nouveau montrées du doigt, dénonçant le double discours des instances gouvernementales qui ne cessent de mentionner un choc simplification. « Pensez-vous que dans ce contexte, on donne envie aux jeunes de s’installer ?», s’interroge le président des Jeunes Agriculteur, Frédéric Louis.

En termes de simplification administrative, le préfet des Ardennes, Pierre N’Gahane, présent lors de cette assemblée, a annoncé que la Champagne-Ardenne s’apprête à être région pilote pour la mise en place d’un certificat unique qui engloberait permis de construire et permis d’exploiter, dans le cadre notamment des projets de méthanisation.

Une réforme de la Pac en trompe l’oeil

La réforme de la Pac promet un rééquilibrage des aides vers l'élevage mais ce n'est qu'un mirage, les éleveurs ardennais sont aussi perdants. « Cette réforme ne fait pas un rééquilibrage céréales élevage, elle fait un rapprochement fort DPU, faible DPU, précise Christiane Lambert. Une redistribution davantage réorienter vers les hectares.

A l'heure des arbitrages français, la FNSEA maintient sa position quant à la nécessité de recoupler au maximum les soutiens à la production et son opposition à une convergence totale. Le syndicat majoritaire prône une convergence lente pour éviter les chocs brutaux dans les exploitations, avec un traitement spécifique pour le secteur laitier qui a été victime d'un découplage total.

La balle est désormais dans le camp du ministre. Décisions attendues pour le 18 décembre.

« Il y a une autre porte d’entrée pour améliorer le revenu, c’est d’avoir les coûts de production les plus bas possibles, et c’est au niveau français que l’essentiel se joue, a souligné le président du Conseil Général des Ardennes. Ajouter des normes françaises aux normes européennes, c’est se tirer une balle dans le pied. C’est vrai pour tous les secteurs de production. Depuis plus de trente ans, on a eu tendance à trop privilégier le consommateur au détriment du producteur. Le reveil risque d’être douloureux, quand on sera dépendant pour tous nos approvisionnement. »

Une loi d’avenir qui ne traite pas les sujets de fond

Avec le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, le ministre de l’Agriculture a promis un nouvel élan pour notre agriculture. Les agriculteurs aimeraient le croire. « Mais, comment imaginer qu’un projet qui aborde ni la recherche, ni l’innovation, ni la formation, puisse nous préparer un avenir ? », souligne Philippe Baudet. La loi d'avenir ne traite pas des vrais sujets de fond, ajoute Christiane Lambert. Mais surtout, en filigrane, il y a produire autrement. Changer tout ce que vous avez fait, parce que vous l'avez mal fait. Ça nous ne l'acceptons pas ! » 

Le président de la FDSEA des Ardennes l’a résumé dans son discours : « la situation économique de notre pays est difficile. Les agriculteurs en ont pleinement conscience et ne demandent pas de traitement de faveur. Mieux, ils sont prêts à apporter leur pierre au redressement productif. Mais, il ne suffit pas de dire, comme on l’entend trop souvent dans la bouche de nos élites dirigeantes, que l’agriculture est une activité porteuse de richesse, créatrice d’emplois, nécessaire à

l’aménagement rural et indispensable à l’occupation de nos territoires. Encore faut-il prendre les décisions qui vont avec les paroles !

La FNSEA a appelé à l’organisation d’Etats généraux de l'Agriculture au début du mois de janvier. Le secteur agricole a besoin d'un bilan de santé général. Sur les questions économiques, reglementaires, fiscales et sociales. Poser une vision

globale et donner du sens.

Pour une  juste rémunération

« Depuis plusieurs mois, les actions syndicales de la FNSEA et des FDSEA se succèdent sur le terrain, rappelle Philippe Baudet. Ces manifestations révèlent le sentiment de colère et d’exaspération des agriculteurs devant le flot de taxes et de réglementations qui pénalisent nos exploitations et qui rongent notre revenu. Ces actions traduisent aussi la volonté des agriculteurs d’obtenir une juste rémunération de leurs produits. Ces mobilisations, soyons en convaincus, ne sont pas inutiles. Elles nous ont permis d’obtenir la pérennisation de la

fiscalité sur le fioul agricole, l’exonération de la TFNB pour les terres agricoles, le report de l’écotaxe, pour ne citer que les acquis les plus récents.

Pour imposer ses idées et défendre ses points de vue, le syndicalisme majoritaire a besoin d’être toujours plus fort. Et c’est pour être plus fort que nous devons nous unir et refuser les divisions à l’intérieur de la profession. C’est au prix de cette union la plus large que nous ferons reconnaître et accepter le rôle stratégique de notre activité pour notre pays ».

Virginie Ingebos

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