COmpte rendu de l'AG du 25 janvier

Retour Partager sur facebook Partager sur tweeter Imprimer l'article
Envoyer l'article par e-mail

Envoyer cet article par mail

Fermer

250 signes(s) restant(s)

 

* champs obligatoires

Les synergies entre les filières végétales et l’élevage étaient au cœur de l’assemblée générale de la FDSEA

Publié le 30 janvier

Une agriculture ardennaise riche de sa complémentarité entre les productions

La proximité de zones céréalières et d’élevage dans notre département offre de réelles opportunités : utilisation de coproduits, échange paille-fumier, développement local de productions riches en protéines. Autant de synergies entre les filières qui sont une véritable source de richesse. C’est par une table ronde consacrée à ce thème que s’est ouverte l’assemblée générale de la FDSEA des Ardennes, le 25 janvier dernier au lycée agricole de Rethel.

 

Sécuriser davantage les systèmes

Au côté de Thierry Huet, secrétaire général de la FDSEA, Yves Trochain, éléveur en zone 100 % herbagère et Sylvain Hauchard, représentant de la coopérative céréalière Vivescia partagent cet avis. « Des complémentarités entre cultures et élevages, je suis convaincu qu’il y en a beaucoup, déclare Yves Trochain. Il y a d’abord la complémentarité que l’on peut avoir au sein de la profession en faisant des échanges. Le premier besoin d’une zone d’élevage, rappelle-t-il, commence par de la paille. Et les enjeux concernant la paille sont importants. En effet, de nombreux projets pour la valoriser existent, souvent au détriment de la filière élevage. On arrive à des prix complètement démesurés. Ainsi, il faudrait contractualiser les choses entre les producteurs de céréales et les utilisateurs de paille, pour avoir d’un côté la sécurité du débouché et de l’autre une sécurité de prix.  Ce qui sécuriserait également les systèmes et apporterait une régularité dans les approvisionnements.

« On peut aussi trouver dans la réglementation, une opportunité pour chacun, propose Sylvain Hauchard. Notamment au travers de l’obligation d’implanter des couverts végétaux. « Il faut travailler sur des couverts qui puissent avoir une destination vers l’élevage. De même, le représentant de Vivescia met en avant l’utilisation des co-produits : pulpes de betteraves, de pommes de terre, tourteaux de colza, drèches de blé. Il y a des tonnages qui augmentent chaque année. Il faut y croire, insiste-t-il. Mais cela implique de modifier les systèmes. 

Là encore, « il faut que l’on formalise un peu plus les choses », pouvait-on entendre dans la salle. Il n’est en effet pas toujours évident d’obtenir des pulpes surpressées. Il s’agirait d’en faciliter l’accès et que, de leurs côtés, les éleveurs s’engagent sur des volumes à plus long terme.

Autre problématique mise en avant par les agriculteurs, la difficulté à se positionner au bon moment face à la flambée des matières premières du type tourteaux de colza ou tourteaux de soja. « Les éleveurs sont perdus, souligne Bruno Faucheron. Il faut trouver des systèmes pour accompagner les éleveurs dans ces démarches-là. »

 

Retrouver de la rentabilité en élevage

« Deux exploitations sur trois dans les Ardennes ont de l’élevage », rappelle Thierry Huet. La filière au sens large est fortement impactée par les conditions économiques actuelles. L’objectif premier est donc de retrouver de la rentabilité en élevage. Il faut que le travail soit rémunérateur.

Le contrat de filière signée par la profession agricole et le conseil régional de Champagne-Ardenne va dans ce sens. « S’il concerne le secteur bovin lait et viande, on peut envisager l’étendre à d’au-tres filières », assure le secrétaire général de la FDSEA des Ardennes, avec la volonté d’inscrire l’agriculture départementale et régionale dans une démarche globale et durable.

 

Les clefs de la réussite

Malgré ces formidables atouts, les agriculteurs sont inquiets, alerte cependant le président de la FDSEA des Ardennes, Philippe Baudet. S’adressant au préfet des Ardennes, et aux membres de l’administrations présents lors de cette assemblée générale, il a fait part de l’incompréhension de la profession face à « des pouvoirs publiques  qui nous demandent d’être toujours plus compétitif mais se plaisent à nous coller des handicaps, des contraintes administratives de toute sorte, des taxes de toute nature, des complications réglementaires à n’en plus finir. » La question environnementale notamment est devenue un sujet d’incompréhension totale.

« Pour réussir, les agriculteurs ont besoin d’être soutenus par les pouvoirs publics, déclare ainsi Philippe Baudet. Pour réussir, les agriculteurs ont besoin d’avoir des industries agro alimentaires qui soient de véritables partenaires et pas seulement là pour presser les prix à la baisse.Ils ont besoin d’une grande distribution qui accepte un véritable partage de la valeur ajoutée. Pour réussir, les agriculteurs ont besoin que leurs efforts en matière de développement durable et de protection de l’environnement soient reconnus de tous. »

 

Attention aux distorsions de concurrence

A l’heure où l’on parle beaucoup de compétitivité, ce nouveau dynamisme repose sur trois leviers. D’abord, l’action des pouvoirs public au niveau national et européen. « Attention aux distorsions de concurrence, notamment avec l’Allemagne », souligne le président de la FDSEA des Ardennes. Il faut alléger les charges ». Puis, l’action des filières agro-alimentaires et de la distribution, le partage de valeur ajoutée. Enfin l’action des producteurs eux-mêmes, baisser nos charges, peut-être se regrouper, avoir des contrats collectifs.

« Notre force c’est la diversité de notre agriculture départementale avec sa complémentarité élevage-cultures, conclut

Philippe Baudet. Une complémentarité qui ne doit pas conduire à une opposition. La divergence du revenu entre céréaliers et éleveurs pose questions. Notre force c’est aussi la diversification de nos productions, filières courtes. Nous accompagnons leur développement et pour les filières animales, cela passe par le maintien d’outil d’abattage de proximité. Notre force, c’est aussi notre capacité d’adaptation, notre fierté d’être agriculteur. Si notre avenir à besoin d’un cadre, ils nous faut des espaces de liberté pour faire notre métier. »

 

« Travailler le collectif ! »

A la tête de la liste FDSEA-JA aux élections chambre d’Agriculture, Sébastien Loriette a défendu le réalisme et le pragmatisme de la FDSEA des Ardennes au service de « tous les agriculteurs », de « toutes les formes d’agricultures » et de « tous les territoires ». Il a également insisté sur la notion de rassemblement. « Nous devons travailler les uns avec les autres, travailler le collectif. Nous voulons trouver les synergies entre les productions. »

« L’Agriculture semble avoir retrouver la place qui est la sienne, a-t-il ajouté. Les émeutes de la faim ont rappelé à nos dirigeants que la vocation première de l’agriculture est de produire et produire durable. Notre département a des atouts : ses productions, ses territoires, et surtout ses femmes et ses hommes. Sachons en être les acteurs. »

Refusant une agriculture où l’on oppose les productions, refusant une  agriculture en marge de la société, Sébastien Loriette a mis en avant un programme empreint de volonté et résolument tourné vers l’avenir. « Nous disons oui, à une agriculture capable de répondre durablement à ses missions. Oui à une agriculture de projets, de valeur ajoutée et d’emploi pour ses territoires. Oui à une agriculture riche de sa diversité, de sa complémentarité entre les productions. Oui à une agriculture dynamique, attractive et transmissible aux générations futures. »

 

« Que cesse le gaspillage du foncier »

Invité de l’assemblée générale de la FDSEA des Ardennes, le vice-président national des Jeunes Agriculteurs, Julien Valentin s’est exprimé sur l’installation. L’installation pour laquelle il dénonce le total désengagement de l’Etat. Auparavant dévolue aux Adasea, celle-ci a été transférée vers les chambres d’Agriculture. Un transfert sans argent. « Nous avions auparavant un budget pour suppléer le travail des ADASEA de 13 millions d’euros aujourd’hui il n’y a plus rien, observe-t-il. Les Chambres d’Agriculture n’ont pas vu l’ombre d’un centime du budget de l’Etat. Les moyens qui sont mis sur l’installation sont prélevés sur les impôts chambre, c’est une volonté professionnelle. Car le désengagement de l’Etat est complet. Sous un certain nombre de prétextes, l’agriculture a été dépouillée de ses budgets nationaux. Seule la Politique agricole commune permet de maintenir un budget agricole. Cessons ces transferts sans moyen financier ! »

Autre point soulevé, la question du foncier agricole. « Quand la forêt enregistre une hausse de 5 millions d’hectares, le foncier agricole est à moins 6,5 millions d’hectares. « Nous sommes dans une région où la population stagne, mais avez-vous vu la consommation foncière stagner ? s’interroge Julien Valentin. Il est très important que l’on exige que cesse ce gaspillage du foncier. »

Virginie Ingebos

l'élevage Porcin: parlons-en !!

Nos batiments d'élevage

Toutes les émissions dans la médiathèque